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"Droit Commercial"
LA DÉDUCTIBILITÉ
DES INTÉRÊTS D'EMPRUNTS SOUSCRITS POUR ACQUÉRIR DES
TITRES DE SOCIÉTÉS IS
La fin d'une
inégalité fiscale ?
Les intérêts des emprunts
contractés par des salariés, ou des dirigeants
fiscalement assimilés, pour acquérir des titres de
société soumise à l'IS dans laquelle ils exercent
leur activité professionnelle sont déductibles de leur
rémunération à condition que :
l'achat ou la souscription soit directement utile à
l'acquisition ou la conservation des revenus.
Les intérêts déduits
soient proportionnés aux revenus attendus de
l'activité salariée.
A condition de renoncer à la
déduction forfaitaire de 10 % pour frais
professionnels, les salariés peuvent déduire les frais
effectivement acquittés en vue de l'acquisition ou
de la conservation du revenu. Cette déduction ne
peut pas porter sur des dépenses d'ordre privé ou
patrimonial. Le principe était jusqu'à présent que
les intérêts d'emprunts contractés pour acquérir des
titres de société IS se rapportaient à la
constitution d'un capital. Autrement et plus simplement
dit, un salarié souscrivant un emprunt pour acquérir
des titres de la société dans laquelle il exerçait
son activité professionnelle ne pouvait déduire les
intérêts dudit emprunt si cette société avait opté
pour l'IS.
Le Conseil d'Etat avait jugé
néanmoins, le 25 octobre 2004, que des salariés
exerçant la profession d'Expert Comptable pouvaient
déduire de leur rémunération les intérêts des
emprunts souscrits pour acquérir des actions de la
société dans laquelle ils exerçaient leur activité
professionnelle.
L'Administration a décidé, le 23
novembre 2006, de se rallier à cette jurisprudence
du Conseil d'Etat, en permettant désormais, y
compris pour les litiges en cours, la déductibilité
des intérêts d'emprunts souscrits en vue de
l'acquisition de titres de société IS.
L'Administration tend ainsi à abolir
la distinction injustifiée entre les associés de
sociétés IS et ceux des sociétés IR qui eux peuvent
déduire de leurs revenus les intérêts d'emprunt.
Mais si la route vers l'Egalité
fiscale est droite, sa pente n'en demeure toujours pas
moins aussi rude.
1. Quels sont les contribuables intéressés ?
les salariés et dirigeants membres de professions
réglementées (SEL..)
les autres salariés et dirigeants dès lors que l'utilité
directe de l'acquisition de titres pour la
conservation des revenus est effectivement établie (ex
: ouverture d'une procédure collective)
2.
Quelles sont les conditions à remplir ?
opter pour les frais réels
travailler dans la société
acquisition de titres ayant pour objectif la
conclusion ou la poursuite du contrat de travail
3.
Quels sont les titres concernés ?
les titres de sociétés soumises à l'IS (dans le cadre
d'une acquisition, d'une souscription au capital initial
ou d'une augmentation de capital)
4.
Limites de la déductibilité ?
le montant des intérêts déductibles ne doit pas être
hors de proportion avec les rémunérations
perçues ou escomptées par le salarié au moment où il
a contracté l'emprunt. (en pratique, sont déductibles
les intérêts correspondant à la part de l'emprunt qui
n'excède pas le triple de la rémunération annuelle
allouée au salarié ou escomptée à brève échéance
lors de la souscription de l'emprunt.)
Lorsque le montant total de
l'acquisition de titres est supérieur au triple de la
rémunération du salarié, seule la fraction des
intérêts d'emprunts correspondant au rapport entre le
montant des titres facilitant la poursuite du contrat de
travail et le montant total de l'acquisition est
déductible pour la détermination du revenu net
imposable.
Exemple : un salarié acquiert des
titres de la société dans laquelle il travaille pour
un montant de 700 000 €, financés par des fonds
propres à hauteur de 200 000 € et par un emprunt de
500 000 € qui génère un montant total d'intérêts
de 80 000 €. Salaire annuel net à la suite de cette
acquisition : 100 000 €.
Prix d'achat des titres acquis
facilitant la poursuite du contrat de travail : 100 000
€ x 3 = 300 000 €. Montant des intérêts
déductibles : 300 000 / 700 000 x 80 000 = 34 286 €.
L'Administration
fiscale entend ainsi ne plus pénaliser les
professionnels ayant besoin de recourir à la
souscription d'un emprunt pour acquérir une partie de
leur outil de travail. Travail et Capital n'ont jamais
été aussi proches…
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