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Cette question,
volontairement provocatrice, recouvre une réalité
constatée à maintes reprises : le titulaire d'une
marque (ou d'un dessin et modèle ou d'un brevet) pense
pouvoir se prévaloir d'un droit en réalité fragile
voire inexistant.
Quelques questions
permettent de s'en apercevoir :
1.
La marque protège-t-elle réellement votre activité ?
Un exemple valant mieux qu'un long
discours, je propose l'exemple suivant :
Une société voulant protéger son
activité de vente en ligne de chaussures sur Internet
a déposé le libellé suivant : " Chaussures,
Communications par terminaux d'ordinateurs,
Télécommunications, Publicité en ligne sur un réseau
informatique ".
Critique :
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Libellé : |
Commentaire : |
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Chaussures |
Ce libellé protège
une activité de production et non de vente. |
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Communication par
terminaux d'ordinateurs, télécommunications |
Ce libellé protège
les entreprises dont l'activité essentielle est
la téléphonie et l'internet. Le fait d'avoir un
site internet au soutien de son activité
n'est qu'un accessoire et ne constitue pas le
cœur du métier. |
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Publicité en
ligne sur un réseau informatique |
Ce libellé protège
les agences de communication. |
Cette société aurait du protéger
uniquement l'activité réellement exercée sur son site,
à savoir : "service de vente au détail de
chaussures".
En pratique, je constate que
beaucoup de marques ne protègent pas, ou protègent
mal, l'activité de mes clients.
2. Votre marque a-t-elle été renouvelée ?
Une marque est valable dix ans et
doit être renouvelée, à défaut de quoi elle tombe dans
le domaine public. Là encore, j'ai rencontré des "oublis"
qui peuvent être dévastateurs.
3. Qui a déposé votre marque ?
Seul le titulaire inscrit au
Registre National des Marques peut se prévaloir de la
marque.
Si par conséquent, c'est une
précédente société ou le dirigeant qui a déposé, il
faut faire un contrat de licence (de cession) qui soit
publié au Registre National des Marques.
A défaut, la société exploitante de
la marque ne pourra se prévaloir d'aucun droit et donc
d'aucun préjudice.
4. Le signe déposé est il le signe réellement exploité
?
Très fréquemment, la marque déposée
sera modifiée dans le temps : ajout d'un mot, ajout
d'un slogan, ajout d'un logo etc. Au final, après
plusieurs années, il peut arriver que la marque
exploitée soit différente de la marque qui a été
déposée.
Dans ce cas, le risque est qu'un
tiers agisse en déchéance et que votre marque tombe
purement et simplement.
5. Votre marque est-elle exploitée ?
Une marque doit être exploitée dans
un délai de cinq ans. A défaut, un tiers pourrait agir
en déchéance. Il est donc opportun de conserver des
traces d'usage de vos marques (factures ou catalogues
par exemple).
6. Y a-t-il adéquation entre le territoire de
protection de la marque et la zone géographique
d'exploitation ?
La marque est un droit de propriété
qui est limité dans l'espace.
Plusieurs protections existent :
marque française, marque communautaire, marque
internationale.
Il est évident que si une société
est titulaire d'une simple marque française alors
qu'elle réalise 40 % de son chiffre à l'export, elle
est mal protégée.
Il est parfois utile de songer à une
protection au-delà des frontières nationales, sachant
par exemple que le système de la marque communautaire
est simple et confère une protection efficace (une
exploitation réelle sur un territoire confère une
protection sur l'ensemble de la communauté
européenne).
7. Existe-t-il des contrats sur la marque ?
Si votre marque a fait l'objet de
contrat (comme une licence par exemple), il faut
vérifier la qualité rédactionnelle.
Je prends un exemple : Si le
titulaire concède un droit d'usage exclusif à un
tiers, sans prévoir en contrepartie un minimum de
chiffre d'affaire à réaliser, il prendrait alors un
grand risque, car il pourrait être lié avec une
personne qui n'aurait pas la volonté réelle
d'exploiter la marque.
Conclusion
Si vous avez passé avec succès les
questions qui précèdent (et qui valent en matière de
brevet, de dessins et modèles), il sera possible alors
d'envisager la valorisation de votre droit de
propriété industrielle.
Cette valorisation permettra
d'appréhender la valeur exacte que vous pourrez
inscrire à votre bilan, ce qui peut s'avérer utile en
vue d'une cession, d'une licence, ou tout simplement
en vue d'une négociation avec votre banquier.
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