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Je souhaite
aborder ici un problème auquel je suis constamment
confronté dans les dossiers que j'ai à traiter : celui
de la date des créations.
Que l'on soit en
demande ou en défense (par exemple pour un plagiat,
une concurrence déloyale, une contrefaçon, etc, il
faut prouver :
La date de sa création ;
Son contenu.
QUE FAUT-IL DATER ?
La réponse est simple : il faut
dater toutes les créations, c'est-à-dire :
Les œuvres d'art ;
Les créations esthétiques : photos, catalogues
publicitaires, slogans, campagnes d'affiche, etc.
Les créations manufacturées ; il s'agit de tout
ce qui est produit par l'industrie (meuble, vêtement,
objet de décoration, objet de joaillerie, article de
sport, etc).
COMMENT DATER ?
Le but est d'avoir une date certaine
qui ne puisse pas être remise en cause d'une part, et
de prouver le contenu exact de la création d'autre
part. Les moyens qui s'offrent sont variés :
1. l'enveloppe SOLEAU
: elle est délivrée par l'INPI et permet de glisser 7
feuilles de format A4 qui reproduisent la création.
Elle est faite en double exemplaires qui sont tous
deux datés par l'INPI, cet institut en conservant un
pendant cinq ans renouvelable une fois, l'autre étant
remis au titulaire.
Il s'agit d'un moyen simple très efficace et peu
coûteux (15 €).
2. la lettre
recommandée avec accusé de réception envoyée à
soi-même. Dans un tel cas, il ne faudra pas
l'ouvrir (tout comme l'enveloppe SOLEAU). Cette
ouverture n'aura lieu qu'en cas de litige et en ce cas
en présence d'un huissier.
3. le dépôt au rang
des minutes d'un notaire. Le notaire
conservera ce qui lui est remis et apposera une date
qui fera foi de manière incontestable.
4. le dépôt d'un
dessin et modèle : l'objet d'un tel dépôt
est de protéger la forme esthétique (cela concerne
également les produits manufacturés). Cela permet
l'opposabilité aux tiers, la durée de la protection
est de 25 ans par tranche de 5 ans renouvelable 4
fois.
5. le dépôt d'une
marque : l'objet est ici de protéger un
signe à apposer en général sur les produits et qui est
opposable aux tiers. Il s'agit d'un droit perpétuel
dès lors qu'il est renouvelé tous les 10 ans.
6. le but est de
protéger une innovation technologique. Il
est bien sûr opposable aux tiers et a durée de
validité de 10 ans.
En conclusion, si je tenais à
aborder ce problème probatoire, c'est pour la raison
suivante : il m'arrive régulièrement de ne pouvoir
agir pour le compte d'une partie tout simplement parce
qu'elle ne peut prouver la date de ses créations. Il
n'est pas rare qu'il me soit remis des catalogues non
datés, alors qu'il aurait suffi à l'imprimeur
d'apposer une date (même en tout petit) sur la
tranche, qui aurait permis ainsi la sauvegarde des
droits.
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Quelques mots sur un problème que je
rencontre également fréquemment : la publicité des
entreprises.
Il est très fréquent qu'une
entreprise fasse faire auprès d'une agence, un
catalogue, une plaquette de présentation, des tracts,
des affiches, etc.
Il faut obtenir la cession des
droits d'auteur.
Le seul paiement du prix ne rend pas
l'entreprise titulaire des droits d'auteur et
n'autorise pas, par exemple, à utiliser les photos de
la campagne 2004 pour la campagne 2005/2006. A défaut,
l'entreprise pourra être déclarée contrefactrice
puisque l'agence de publicité et ses salariés restent
titulaires des droits d'auteur.
Il faut donc penser à obtenir une
cession totale des droits, la validité de cette
cession étant conditionnée par une rédaction stricte.
Il faut prévoir l'objet et l'étendue des droits cédés
(quels droits sont cédés ? pour quel territoire ? pour
quelle durée ? pour quel type d'utilisation ?).
Les factures libellées avec des
formules telles que " tous droits cédés " ou
" cession totale des droits " sont radicalement
nulles.
Pour résumer la situation : tout ce
qui n'est expressément autorisé est interdit.
Il suffit de disposer de clauses
types en demandant à son agence de les signer. Outre
la cession des droits, l'agence devra garantir
qu'elle-même disposait des droits d'auteur pour faire
figurer par exemple une photo d'une personne ou d'un
monument.
La sanction du non-respect de ces
dispositions est la contrefaçon.
* * *
LE POINT " EU " :
Depuis le 7 décembre dernier, s'est
ouverte une période de pré-réservation du point " eu "
qui est réservée aux titulaires de marques et aux
sociétés, période qui expirera le 7 avril prochain.
Aussi, si vous êtes titulaires de
droits antérieurs (nom de société ou marque), il vous
reste quelques jours pour faire valoir vos droits et
bénéficier ainsi de la priorité accordée.
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