Une vacancière en séjour
tout inclus à Djerba en Tunisie a failli se noyer en ramassant des
coquillages en bord de mer. Dans un jugement du 22 mai 2007, le Tribunal
de Grande Instance de Rennes écarte la responsabilité de l'agence de
voyages, tenue juridiquement d'une obligation de sécurité à l'égard
de ses clients.
Madame X a été emportée par un tourbillon en
ramassant des coquillages sur une plage de Djerba en Tunisie lors d'un
séjour en formule " tout inclus ". Elle fut secourue par le
surveillant de la plage. Madame X a assigné son agence de voyages sur
le fondement de l'article L 211-17 du Code du Tourisme qui fait peser
sur les intermédiaires de voyage une obligation de sécurité à
l'égard de ses clients. Le Tribunal de Grande Instance de Rennes l'a
débouté de sa demande par jugement du 22 mai 2007. Pour les juges, le
ramassage de coquillages était personnel et sans lien avec les
obligations contractuelles de l'agence de voyage : l'activité n'était
pas programmée et ne se déroulait pas sur une plage privée de
l'hôtel.
Le
coup du lapin est si vite arrivé
La jurisprudence s'est montrée particulièrement
sévère à l'égard des intermédiaires de voyages. Dans un arrêt du 2
novembre 2005, la Cour de Cassation retient qu'une agence de voyage est
responsable de la chute d'une touriste dans l'escalier de l'hôtel où
elle était hébergée à défaut pour l'agence de pouvoir établir la
faute de la victime, ou un cas de force majeure. Cet arrêt a surpris
plus d'un commentateur : " A quand les groupes de touristes
encordés et encadrés par leur guide (de haute montagne ?) Pour
descendre l'escalier de leur hôtel ? Et surtout n'oubliez pas
d'attacher la jugulaire de votre casque, pour le cas où vous vous
tordriez la cheville et tomberiez sur la tête, le coup du lapin est si
vite arrivé…Même dans les voyages organisés, l'assistance doit
avoir ses limites ! " Laurent LEVENEUR, professeur à l'université
Paris II : (Revue contrats - concurrence - consommation - mars 2006 p
10)
La
chute d'une noix de coco
Dans les formules " tout compris " les
vacanciers n'ont rien à organiser : ni le logement, ni les repas, ni le
plus souvent les activités de loisirs. Il est logique dans ce cadre que
l'agence de voyage assume les conséquences d'une nourriture avariée
quitte à se retourner contre le restaurateur comme le prévoit
l'article L 211-17 du Code du Tourisme. En revanche elle ne saurait
couvrir les choix personnels des vacanciers : promenade sur la plage au
risque d'une vague, sieste sous les palmiers au risque de la chute d'une
noix de coco, baignade au risque d'une piqûre d'oursin. Un vacancier
même encadré doit prendre et assumer les risques qui font de lui un
homme libre puisqu' " il n'y a pas de liberté, sans risque, sans
ignorance, sans aventure " (Jacques Attali).