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Cybersurveillance
des salariés : la commission nationale
informatique et
libertés enfonce le clou.
Dans un précédent
article, nous avions évoqué l'arrêt du 2 octobre 2001
de la chambre sociale de la cour de cassation, qui
impose de respecter des conditions strictes pour
reconnaître la validité de la surveillance des
salariés qui utilisent notamment le courrier
électronique.
La commission
nationale de l'informatique et des libertés (CNIL)
vient de rendre public un rapport consacré à ce
problème (ce document peut être consulté sur Internet
sur le site de la CNIL : www.cnil.fr
).
Après avoir rappelé
les grandes règles applicables en la matière, le
rapport présente les grands commandements à l'usage
des entreprises, sous forme de fiches de synthèse.
Les principes
généraux ont été mis en évidence par l'arrêt du 2
octobre 2001 : les salariés doivent être informés
préalablement à la mise en place d'un système de
surveillance, une négociation doit être engagée avec
les élus du personnel, et enfin, les juridictions
estiment toujours la proportionnalité entre les moyens
mis en œuvre par l'entreprise et la finalité du
contrôle.
L'intérêt principal
de ce rapport est d'être accompagné de la publication
de six fiches de synthèse à vocation pratique.
Les premières (sur le
contrôle des connexions à Internet, sur le contrôle
de l'usage de la messagerie, sur les fichiers de
journalisation, sur le rôle des administrateurs de
réseaux, sur la négociation avec les instances
représentatives du personnel) sont un rappel de la
réglementation et des suggestions de rédaction par
exemple du règlement intérieur. A ce titre, elles
peuvent être consultées avec profit.
La dernière fiche est
relative à un bilan annuel de l'application de la loi
" informatique et liberté " au sein de
l'entreprise, et à la nomination d’un
" délégué " au sein de l’entreprise
qui serait responsable de l’application de cette
réglementation.
La CNIL communique
dans cette dernière fiche un souhait : il ne s’agit
pas d’une obligation pour les entreprises. Il faut d’ailleurs
souligner que la méthode manque de clarté : la
confusion est entretenue entre un rappel de règles
obligatoires et un simple vœu.
Ce reproche mis à
part, le rapport et les fiches peuvent être lues avec
intérêt. Ce rapport n'est qu'un document de travail,
et la CNIL n'a pas le pouvoir de fixer des règles
impératives pour les entreprises ou les salariés.
Il paraît important
de conserver sur ces questions des idées claires.
Certains pourraient avoir l'impression que l'utilisation
des nouvelles technologies constitue une porte ouverte
à tous les abus des salariés. Le risque serait alors
pour les chefs d'entreprise de freiner leurs dépenses
d'investissement en matière de nouvelles technologies,
alors que ces investissements constituent une clé du
succès futur de la France dans la compétition
internationale. On soulignera que l'an dernier, selon
une étude du groupe BNP, les investissements des PME
ont été consacrés pour 29 % aux nouvelles
technologies.
Il ne faudrait pas que
les investissements en la matière soient freinés en
raison d'une incompréhension entre le monde du droit et
le monde de l'entreprise.
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