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L’accès
aux codes sources de son logiciel spécifique :
Un moyen sûr contre la dépendance informatique
74 % des entreprises
de plus de 200 salariés reconnaissent être en position
de dépendance vis-à-vis de leur fournisseur
informatique. Cette dépendance est très flagrante
pour les PME qui utilisent un logiciel spécifique,
adapté à leurs besoins, pour la gestion de leur
activité. La dépendance est encore accentuée lorsque
les accords contractuels qui lient l’entreprise à son
fournisseur ont été négligés.
La dépendance
informatique apparaît dans deux cas particuliers :
-
Si le fournisseur de logiciels
dépose le bilan , l’entreprise se retrouve
avec un logiciel dont ni la maintenance, ni la mise
à jour ne pourront plus être assurés.
-
Si une entreprise souhaite rompre
ses engagements avec son fournisseur , en raison
d'un mauvais fonctionnement du logiciel ou d'une
maintenance trop onéreuse.
Dans ces deux cas de
rupture avec le fournisseur, volontaire ou non, le
logiciel spécifique, s’il n’est plus maintenu et
adapté, fait courir à l’entreprise un risque de
blocage dans sa gestion au moindre
" bug ". Pour éviter une telle
dépendance, l’entreprise doit avoir accès aux codes
sources du logiciel spécifiquement développé pour
l'entreprise. A défaut de cet accès, la seule
solution pour l’entreprise est de faire réaliser un
autre logiciel par une autre société et donc, d’engager
de nouveaux frais de développement.
Les codes sources d'un
logiciel sont l'ensemble des instructions rédigées
par le développeur, qui sont compréhensibles par tout
informaticien, à la différence de la version
exécutable qui est utilisée par l’entreprise sur ses
postes. La version exécutable n’est pas directement
lisible par l’homme, seules les sources permettront
éventuellement au nouveau prestataire informatique de
l'entreprise de réaliser la maintenance du logiciel ou
de le faire évoluer dans le temps.
Deux décisions
récentes ont précisé les conditions d’accès au
code-source d’un logiciel spécifique. Le président
du TGI de Paris dans une ordonnance de référé du 10
avril 2002 a refusé au client l'accès au code source
de son logiciel de gestion au motif qu'en présence d’un
contrat de commande simplement verbal (non
écrit), le client ne dispose que d'une simple licence
d'utilisation qui ne lui permet pas d'exploiter le
logiciel au-delà de l'accord contractuel, ni même de
l'adapter.
Le président du
tribunal de commerce de Rennes, dans une ordonnance
rendue le 19 septembre 2002, complète ce point de vue.
En l'espèce, parce qu’il existait un écrit, il a
été jugé que l’entreprise pour laquelle un
développement informatique est réalisé a bien
vocation à disposer des sources, contrairement au
titulaire d'une licence d'exploitation.
Le contrat de commande
de logiciel spécifique, pourvu qu’il soit passé par
écrit, suffit donc théoriquement à permettre l’accès
aux sources qui ne sont qu’un accessoire de la
prestation, même lorsque aucune clause ne vient régler
le sort de la " propriété " de l’application.
Pour autant, l’aléa
judiciaire ne doit pas être sous-estimé surtout dans
une discipline aussi technique. La meilleure solution
reste la prévention. Il est indispensable de passer d’une
part un contrat de commande par écrit, et d’autre
part de prévoir dans celui-ci la remise régulière
au client des codes sources du logiciel spécifique.
En effet, disposer des codes sources du logiciel
seulement tel qu’ils étaient au moment de la
livraison initiale, revient bien vite à posséder une
version obsolète des sources. La remise régulière des
sources garantie la pérennité du logiciel en
permettant de faire appel à d’autres compétences si
le fournisseur est défaillant. Il est même recommandé
de prévoir dans le contrat le dépôt des sources
après chaque nouvelle version du logiciel auprès d’un
professionnel qualifié (avocat, notaire…).
Maître Bernard
LAMON, avocat à la cour,
Cabinet BOUESSEL DU BOURG, CRESSARD, ERMENEUX, LAMON
Site : www.avoquai.com
Avec la collaboration de Vianney FOURNEL.
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