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L'audit
Informatique et Libertés au sein de l'entreprise : une
plus-value en termes d'éthique, de transparence et de
confiance.
La loi " Informatique et
Libertés " du 6 janvier 1978 est encore bien
souvent négligée par les PME. Sous l'influence de
textes communautaires, l'autorité chargée de veiller
au respect de cette loi, la Commission Nationale
Informatiques et Libertés (CNIL), s'est vue attribuer
de véritables pouvoirs de sanctions (loi du 9 août
2004).
Parallèlement, les tribunaux
n'hésitent plus à condamner les entreprises qui
n'auraient pas déclaré un fichier clientèle. De
façon plus surprenante, un licenciement a déjà été
jugé abusif car fondé sur le refus d'un salarié de
pointer ses entrées et sorties au moyen d'un badge
électronique non préalablement déclaré à la CNIL…
Face à ces enjeux, il devient
fondamental pour toute entreprise de s'assurer qu'elle
est en conformité avec la loi " Informatique et
Libertés ". Cette démarche est un facteur de paix
sociale au sein de l'entreprise. Vis-à-vis du
consommateur, respecter la loi est un facteur clé de
transparence donc de confiance.
L'audit juridique est une technique
qui aboutit à la remise par l'auditeur d'un rapport.
Celui-ci identifie les points générateurs de risques
et, à travers des recommandations pratiques, propose de
les convertir en valeur ajoutée. Voici quelques
exemples des questions examinées lors de l'audit d'une
entreprise.
La nature des
données recueillies dans l'entreprise : la
loi distingue les données personnelles anodines (âge,
sexe, adresse) des données sensibles (numéro de sécu,
numéro de carte bleu, informations médicales,
bioéthiques, syndicales, politiques…). Il faut
recenser les données collectées et s'assurer qu'elles
sont bien nécessaires à votre activité.
Les méthodes
de collecte des données : la loi indique que
la méthode de collecte doit être loyale. Il s'agit de
s'assurer aussi bien auprès des salariés que des
clients qu'ils ont connaissance que des données
personnelles peuvent être recueillies, qu'ils y ont
accès et peuvent les rectifier.
L'utilisation
réelle des données : il faut préciser pour
chaque catégorie de données à quoi elles servent,
s'il est effectué des recoupements entre fichiers. Un
élément crucial est aussi de déterminer pour chaque
catégorie de données, leur durée de conservation.
La
sécurisation des données : il faut
identifier qui dans l'entreprise a accès aux données.
Il faut s'assurer qu'il existe au sein de l'entreprise
des moyens techniques permettant d'éviter que des
personnes non autorisées puissent consulter, voire
modifier les données. Le cas échéant, il faut songer
à mettre en place des protections techniques.
La
détermination d'un responsable " Informatique et
Libertés " au sein de l'entreprise : la
CNIL doit avoir un interlocuteur auprès duquel elle
peut venir demander des comptes. A défaut de
délégation, le chef d'entreprise est directement
concerné. L'audit doit poser la question de la
nomination d'un " correspondant à la protection
des données à caractère personnel ". Depuis la
loi de 2004, une entreprise peut choisir de confier à
une personne en interne ou à un tiers, le soin du
contrôle du respect de la loi " Informatique et
Libertés ". Cette forme d'autocontrôle dispense,
dans la plupart des cas, des obligations de déclaration
des fichiers à la CNIL. Vis-à-vis des salariés comme
des clients, c'est un message fort de responsabilisation
et de transparence.
Sur la base de cet audit, les
pratiques contraires à la loi peuvent être corrigées.
Quand elles sont nécessaires, les formalités de
déclaration auprès de la CNIL sont alors très
faciles. L'image de l'entreprise est valorisée.
Par
Maître Bernard
LAMON, avocat à la cour,
Spécialiste en droit de l'informatique et des
télécommunications
Par
Eric
LE QUELLNEC, avocat à la cour
Cabinet BOUESSEL DU BOURG, CRESSARD, ERMENEUX, LAMON, LE
GOFF
Site : www.avoquai.com
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