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Quelle
protection pour vos bases de données?
Toutes les entreprises ont des bases
de données, à commencer par leur fichier clients. Pour
certaines entreprises, la base de données est au cœur
de leur métier. Les exemples sont
légion : listing de prospects, annuaires
généralistes/sectorisés, annonces immobilières,
catalogue de tarifs douaniers.
Or l’idée est encore trop répandue
que la base de données est non seulement
systématiquement protégeable mais encore qu’elle est
toujours la propriété de l’entreprise. Cela n’est
pas nécessairement vrai. Un contrôle de votre
situation s’impose.
En droit, la base de données est
protégeable de trois façons : par le biais du
droit d’auteur, du droit spécifique aux bases de
données ou encore en ayant recours à la théorie
générale de la concurrence déloyale.
1
- La protection par le droit d'auteur
Cette protection offerte par le droit
de la propriété littéraire et artistique sur la
structure de la base bénéficie à l'auteur du «
recueil d'œuvres, de données ou d'autres éléments
indépendants, disposés de manière systématique ou
méthodique, et individuellement accessibles par des
moyens électroniques ou par tout autre moyen »
(définition posée par le code de la propriété
intellectuelle, article L. 112-3).
Le juge apprécie l’originalité de
la structure de la base de données. L’appréciation
est délicate, laissant place à une forme d’arbitraire.
Ainsi un catalogue de tarifs douaniers a été jugé
protégeable par le droit d’auteur (cour d’appel de
PARIS 15 février 2006, à propos de la base de données
SELECTARIF), là où un recueil répertoriant des
magasins d’usines dans toute la France n’a pas eu la
même chance (CA Paris, 4e ch., 2 mars 2005, Sté
Digital Airways c/ Sté Éditions du Seuil et M. P.
Dousset). Le droit spécifique des bases de données
peut venir en aide.
La protection de la base de données
par le droit d’auteur peut réserver d’autres
surprises. En effet, contrairement à la règle en
matière de logiciel, l’auteur salarié d’une base
de données est le seul titulaire de tous les droits sur
son œuvre. L’entreprise n’est donc pas titulaire du
droit d’auteur. Pour être titulaire, elle doit
conclure un contrat de cession de droits avec le ou les
salariés concernés.
2 -
La protection par le droit spécifique aux bases de
données
Schématiquement, le droit spécifique
aux bases de données protège le contenu de la base de
données (articles L.341-1 et suivants du code de la
propriété intellectuelle). Ce droit protège l’investisseur,
appelé producteur de la base de données. L’entreprise
est donc théoriquement titulaire de ce droit mais elle
doit prouver qu’elle a consenti des investissements. A
défaut, cette protection est refusée (cf. arrêts de
la Cour de justice des communautés européennes, 9
novembre 04).
3 -
La protection par les principes de concurrence déloyale
Si la base de données ne remplit pas
les conditions posées par les cas évoqués ci-dessus,
il reste toujours la possibilité d’invoquer à l’encontre
d’un tiers soupçonné de copier ou d’utiliser votre
base de données la théorie de la concurrence
déloyale. Il faut alors prouver que le tiers profite,
sans bourse délier, de votre travail. C’est sur ce
fondement que le propriétaire du recueil de magasins d’usine
a finalement obtenu réparation (CA Paris, 4e ch., 2
mars 2005 précité).
Préalablement à toute opération
impliquant l’évaluation comptable et financière d’une
base de données, il convient de s’assurer que l’entreprise
est bien propriétaire tant du contenant que du contenu
de la base de données.
Par
Maître Bernard
LAMON, avocat à la cour,
Spécialiste en droit de l'informatique et des
télécommunications
Par
Eric
LE QUELLNEC, avocat à la cour
Cabinet BOUESSEL DU BOURG, CRESSARD, ERMENEUX, LAMON, LE
GOFF
Site : www.avoquai.com
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