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Une première lecture de la nouvelle
loi peut laisser croire qu'elle ne concerne pas
directement l'entreprise. Certes, un employeur n'est
pas directement concerné par le téléchargement
illégal. Il peut néanmoins en être responsable si ses
salariés se livrent à cette activité avec les moyens
de l'entreprise. Mais surtout, en introduisant de
nouvelles exceptions au droit d'auteur (I) et en
aménageant les droits d'auteur des collaborateurs
fonctionnaires (II), la loi a un impact économique sur
l'activité de toutes les entreprises.
I. Les nouvelles
exceptions au droit d'auteur
Toute exploitation d'une œuvre est,
par principe, soumise à l'autorisation de l'auteur
(article L 122-4 du Code de la propriété
intellectuelle ou CPI). Certaines utilisations de
l'œuvre sont néanmoins, par exception, dispensées de
cette autorisation (art L 122-5 du CPI). Il faut
relever que la loi du 1er août 2006 ajoute 5 nouvelles
exceptions aux droits d'auteur en plus des 4 déjà
existantes. Les exceptions de représentation privée,
de copie privée, de citation et de parodie étaient
déjà prévues. La loi DADVSI ajoute les exceptions
dites techniques, d'enseignement, d'aide aux
handicapés, de conservation temporaire pour des
raisons techniques et d'information. Le plus important
pour l'entreprise est de noter que l'exception de
copie privée n'est pas applicable dans l'entreprise.
L'exception de copie privée est réservée à l'usage
privée, et non collectif, du copiste. En conséquence,
si l'ouvrage est acheté par le bureau d'étude, le
service commercial ne peut en faire une copie. Même si
une personne se trouve dans le cas d'une exception
légale au droit d'auteur, cette personne devra prouver
qu'elle répond à une condition supplémentaire : le
test en trois étapes. L'exception invoquée doit
répondre à l'une des exceptions précisément prévues
par la loi, ne pas porter atteinte à l'exploitation
normale de l'œuvre et ne pas porter un préjudice
injustifié aux intérêts de l'auteur. Toutes les
exceptions, nouvelles ou anciennes, ne seront
maintenant que rarement admises. Le caractère
restrictif des exceptions se trouve ainsi renforcé, et
donc le principe du droit d'auteur.
II. Les droits
d'auteur des fonctionnaires
La loi DADVSI a aligné le droit
d'auteur des fonctionnaires sur le droit commun du
droit d'auteur puisqu'elle a affirmé la titularité de
l'auteur-fonctionnaire sur sa création. Cependant, si
les droits patrimoniaux naissent sur la tête du
fonctionnaire, ils sont automatiquement cédés à la
collectivité publique lorsque les nécessités du
service l'exigent. Dans les autres cas, la
collectivité publique bénéficie d'un droit de
préférence. Par exemple, l'entreprise qui travaille
avec des laboratoires de scientifiques comprenant des
fonctionnaires devra s'assurer de la titularité de la
création.
Pour conclure, la loi DADVSI n'a pas
apporté de réponse claire aux principales
interrogations des chefs d'entreprise. Par exemple, la
question des stagiaires n'a pas été tranchée. Or, un
arrêt récent de la cour de cassation a reconnu à un
stagiaire la titularité d'une de ses inventions sur un
brevet. La question du droit d'auteur sur les œuvres
des stagiaires n'a pas été éclaircie par la loi. La
convention de stage peut résoudre cette question.
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