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LA LOI
SUR LE DROIT D'AUTEUR ET LES DROITS VOISINS DANS LA
SOCIETE DE L'INFORMATION DITE DADVSI
La loi du
1er août 2006 est la transposition de la directive
européenne 2001/29 du 22 mai 2001. Elle a donné lieu
à de très nombreux débats notamment sur la question
de l'échange " peer-to-peer " de fichiers
musicaux ou vidéo. Cette loi n'a pas mis un terme à
ces discussions relatives à la protection des droits
d'auteur sur Internet.
Une première lecture de la nouvelle
loi peut laisser croire qu'elle ne concerne pas
directement l'entreprise. Certes, un employeur n'est pas
directement concerné par le téléchargement illégal.
Il peut néanmoins en être responsable si ses salariés
se livrent à cette activité avec les moyens de
l'entreprise. Mais surtout, en introduisant de nouvelles
exceptions au droit d'auteur (I) et en aménageant les
droits d'auteur des collaborateurs fonctionnaires (II),
la loi a un impact économique sur l'activité de toutes
les entreprises.
I. Les nouvelles
exceptions au droit d'auteur
Toute exploitation d'une œuvre est,
par principe, soumise à l'autorisation de l'auteur
(article L 122-4 du Code de la propriété
intellectuelle ou CPI). Certaines utilisations de l'œuvre
sont néanmoins, par exception, dispensées de cette
autorisation (art L 122-5 du CPI). Il faut relever que
la loi du 1er août 2006 ajoute 5 nouvelles exceptions
aux droits d'auteur en plus des 4 déjà existantes. Les
exceptions de représentation privée, de copie privée,
de citation et de parodie étaient déjà prévues. La
loi DADVSI ajoute les exceptions dites techniques,
d'enseignement, d'aide aux handicapés, de conservation
temporaire pour des raisons techniques et d'information.
Le plus important pour l'entreprise est de noter que
l'exception de copie privée n'est pas applicable dans
l'entreprise. L'exception de copie privée est
réservée à l'usage privée, et non collectif, du
copiste. En conséquence, si l'ouvrage est acheté par
le bureau d'étude, le service commercial ne peut en
faire une copie. Même si une personne se trouve dans le
cas d'une exception légale au droit d'auteur, cette
personne devra prouver qu'elle répond à une condition
supplémentaire : le test en trois étapes. L'exception
invoquée doit répondre à l'une des exceptions
précisément prévues par la loi, ne pas porter
atteinte à l'exploitation normale de l'œuvre et ne pas
porter un préjudice injustifié aux intérêts de
l'auteur. Toutes les exceptions, nouvelles ou anciennes,
ne seront maintenant que rarement admises. Le caractère
restrictif des exceptions se trouve ainsi renforcé, et
donc le principe du droit d'auteur.
II. Les droits
d'auteur des fonctionnaires
La loi DADVSI a aligné le droit
d'auteur des fonctionnaires sur le droit commun du droit
d'auteur puisqu'elle a affirmé la titularité de l'auteur-fonctionnaire
sur sa création. Cependant, si les droits patrimoniaux
naissent sur la tête du fonctionnaire, ils sont
automatiquement cédés à la collectivité publique
lorsque les nécessités du service l'exigent. Dans les
autres cas, la collectivité publique bénéficie d'un
droit de préférence. Par exemple, l'entreprise qui
travaille avec des laboratoires de scientifiques
comprenant des fonctionnaires devra s'assurer de la
titularité de la création.
Pour conclure, la loi DADVSI n'a pas
apporté de réponse claire aux principales
interrogations des chefs d'entreprise. Par exemple, la
question des stagiaires n'a pas été tranchée. Or, un
arrêt récent de la cour de cassation a reconnu à un
stagiaire la titularité d'une de ses inventions sur un
brevet. La question du droit d'auteur sur les œuvres
des stagiaires n'a pas été éclaircie par la loi. La
convention de stage peut résoudre cette question.
Par
Maître Bernard
LAMON, avocat à la cour,
Spécialiste en droit de l'informatique et des
télécommunications
Par
Eric
LE QUELLNEC, avocat à la cour
Cabinet BOUESSEL DU BOURG, CRESSARD, ERMENEUX, LAMON, LE
GOFF
Site : www.avoquai.com
Article rédigé avec la collaboration de Jalila BAHMED
(stagiaire).
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