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Articles - Droit Médical

 

La réparation des infections nosocomiales depuis la loi du 4 mars 2002

Il n'existe pas de définition légale de l'infection nosocomiale.

Selon la définition médicale, une infection nosocomiale est une maladie provoquée par des micro-organismes, contractée dans un établissement de soins par tout patient après son admission, soit pour hospitalisation, soit pour y recevoir des soins ambulatoires (Circulaire du Ministre de la solidarité, de la santé et de la protection sociale n° 88-263 du 13 oct. 1988 en application du décret n° 88-657 du 6 mai 1988 relatif à l'organisation de la surveillance et de la prévention des infections nosocomiales dans les établissements, aujourd'hui abrogée).

Une circulaire plus récente (Circulaire du Ministère de l'emploi et de la solidarité n° 90-645 du 29 déc. 2000) se réfère à un recueil intitulé "Les 100 recommandations pour la surveillance et la prévention des infections nosocomiales" énonçant que "une infection est dite nosocomiale si elle apparaît au cours ou à la suite d'une hospitalisation et si elle était absente à l'admission à l'hôpital.(Comité Technique National des Infections Nosocomiales en collaboration avec le Ministère de l'Emploi et de la Solidarité et le Secrétariat d'État à la Santé et à l'Action Sociale, 2e éd. 1999).

Les principales causes des infections nosocomiales sont:

Un défaut dans les pratiques d'hygiène 
Les progrès de la médecine et de la chirurgie qui constituent une source possible d'infection, certains soins présentant plus de risques que d'autres. 
Certains facteurs liés au patient pouvant accroître le risque (âge, immunodépression liée par exemple à une séropositivité au VIH ou à une chimiothérapie…)

Les infections nosocomiales peuvent être endogènes ou exogènes.

Les infections nosocomiales sont endogènes lorsque le malade est contaminé par ses propres germes - comme le staphylocoque doré - au cours de certains soins (actes chirurgicaux, sondage urinaire, pose et manipulation d'un cathéter, respiration artificielle).

Les infections nosocomiales sont exogènes lorsqu'il s'agit d'infections croisées, transmises d'un malade à l'autre par les mains ou les instruments de travail du personnel médical ou paramédical, d'infections provoquées par les germes portés par le personnel, ou d'infections liées à la contamination de l'environnement hospitalier (eau, air, matériel, alimentation...) comme, par exemple, une contamination du patient par le virus de l'hépatite C intervenue en dehors de toute transfusion sanguine

Reste à savoir comment engager la responsabilité du professionnel de santé ou de l'établissement de soin responsable de l'infection nosocomiale.

Le malade doit d'abord prouver le lien entre l'infection et les soins.

Cette preuve sera facilité la plupart du temps par un expertise médicale.

Pour le reste, le régime diffère selon que l'on est en présence d'un établissement de soin ou d'un professionnel de santé.

Les établissements de soin sont responsables par principe des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. (Article L 1142- 1 du CSP)

L'exonération des établissements par la preuve d'une cause étrangère est, de fait, très largement théorique.

En revanche, la responsabilité d'un professionnel de santé (médecins, les dentistes, les sages-femmes, pharmaciens…) ne peut être retenue qu'en cas de faute.

Cette faute peut être liée à un défaut d'asepsie, une maladresse ou une négligence consistant, par exemple, dans le fait d'avoir oublié un instrument dans l'abdomen d'un patient.

L'article L 1142-1 du code de la Santé Publique indique enfin que lorsque la responsabilité d'un professionnel ou d'un établissement de santé n'est pas engagée, une infection nosocomiale ouvre droit à réparation au titre de la solidarité nationale, lorsqu'elle a eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présente un caractère de gravité, c'est-à-dire en substance:

1. Lorsque l'IPP est égale ou supérieure à 24 %.

2. Lorsque la durée de l'incapacité temporaire de travail résultant de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale est au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois.

3. A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu :

1º Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ;

2º Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence. minimum.

La réparation devrait alors être assurée par l'ONIAM (Office National d'Indemnisation des accidents Médicaux).

Maître Guillaume CHAUVEL
Avocat à la Cour
gchauvel@avocats-rennes.com

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