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Le
Contrat "Nouvelles embauches"
Mesure phare du plan d'urgence pour
l'emploi, le contrat " nouvelles embauches "
(CNE) est entré en vigueur le 4 août 2005.
Ce nouveau type de contrat de travail
conclu sans détermination de durée et réservé aux
entreprises de moins de 20 salariés présente la
caractéristique de pouvoir être rompu sans motif et
selon des formalités simplifiées pendant les deux
premières années suivant sa conclusion au contraire
des contrats à durée indéterminée classiques.
Il offre en contrepartie certaines
garanties pour le salarié : préavis, indemnité de fin
de contrat, allocation forfaitaire minimale de chômage,
accompagnement en vue de son retour à l'emploi.
1.
Les modalités d'embauche
Le CNE est un contrat à durée
indéterminée. Il peut être conclu à temps
complet ou à temps partiel.
Il doit être établi par écrit.
Il est recommandé de bien préciser qu'il s'agit d'un
CNE en y ajoutant la référence à l'ordonnance
2005-893 du 2 août 2005 et d'insérer une clause sur la
rupture du contrat afin d'éviter toute contestation
ultérieure sur la nature du contrat conclu avec le
salarié.
L'employeur peut conclure ce type de
contrat pour toute nouvelle embauche, sauf pour les
emplois saisonniers.
Le CNE est soumis aux dispositions du
Code du travail à l'exception de celles relatives à la
rupture du contrat durant les deux premières années de
celui-ci.
2.
Les règles de rupture
Pendant les deux premières années
suivant la date de sa conclusion, la rupture du CNE,
qu'elle soit à l'initiative de l'employeur ou du
salarié, doit être notifiée par lettre recommandée
avec A.R. Depuis un arrêt de la Cour de Cassation du 11
mai 2005, la rupture du contrat se situe à la date
d'envoi de la lettre recommandée.
Cette lettre de rupture n'a pas à
être motivée. Elle doit néanmoins préciser le
délai de prescription ouvert au salarié pour contester
la rupture de son contrat et qui est de 12 mois. A
défaut de mention, ce délai de prescription n'est pas
opposable au salarié.
La procédure de licenciement n'a
pas à être suivie sauf si l'employeur rompt le
contrat pour faute grave. Dans une telle hypothèse, la
procédure disciplinaire doit être accomplie et la
lettre de rupture motivée.
Ces règles de rupture ne s'appliquent
pas aux salariés dits " protégés "
(salariés titulaires d'un mandat syndical ou
représentatif) qui conservent leur protection
spécifique.
En cas de rupture à l'initiative de
l'employeur, et sauf faute grave ou force majeure, la
présentation de la lettre recommandée fait courir
un préavis au bénéfice du salarié, dès lors que
celui-ci est présent depuis au moins un mois dans
l'entreprise. La durée de ce préavis est de :
- 2 semaines pour une ancienneté d'au
moins un mois et de moins de six mois, - 1 mois pour une
ancienneté d'au moins 6 mois et inférieure à 2 ans.
A l'issue de cette période de deux
ans, le CNE est entièrement soumis au régime de droit
commun du contrat à durée indéterminée.
Pour éviter les fraudes, un nouveau
CNE ne pourra être conclu entre le même employeur et
le même salarié que si un délai de carence de 3 mois
a été respecté.
3.
Les principales garanties accordées au salarié
En cas de rupture du contrat à l'initiative de
l'employeur, sauf en cas de faute grave, le
salarié bénéficie, outre les sommes restant dues au
titre des salaires et de l'indemnité de congés payés,
d'une indemnité égale à 8 % du montant total
de sa rémunération brute depuis la conclusion du
contrat. Cette indemnité est soumise au même régime
fiscal et social que l'indemnité de licenciement.
En cas de rupture à son initiative, l'employeur
doit verser aux ASSEDIC une contribution égale à 2 %
de la rémunération brute due au salarié depuis le
début du contrat. Cette contribution est destinée à
financer les actions d'accompagnement renforcé du
salarié par le service public de l'emploi en vue de son
retour à l'emploi.
Les partenaires sociaux devraient étendre aux
salariés embauchés sous CNE le bénéfice du
dispositif de la convention de reclassement
personnalisé.
Le 26 août 2005
Me
Catherine LEMOINE,
Avocat à la Cour
clemoine@altajuris.com.
SCP BOUESSEL DU BOURG-CRESSARD
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