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Déblocage
exceptionnel de la participation et versement
exceptionnel d'une prime d'intéressement en 2005
La loi pour la confiance et la
modernisation de l'économie n° 2005-842 du 26 juillet
2005 apporte divers aménagements aux dispositifs
d'épargne salariale. Elle prévoit notamment :
- le versement
d'une prime exceptionnelle d'intéressement en
2005,
- le
déblocage exceptionnel de la participation attribuée
en 2005,
- l'extension
au chef d'entreprise et à son conjoint ayant le statut
de conjoint collaborateur ou associé du bénéfice de
l'intéressement dans les entreprises employant
habituellement entre un et 100 salariés.
Ces dispositions sont entrées en
application le 28 juillet 2005.
I - INTERRESSEMENT
1. Versement d'une prime exceptionnelle
Les entreprises qui souhaitent
accorder à leurs salariés une prime exceptionnelle
d'intéressement liée aux résultats ou aux
performances enregistrés en 2004 peuvent le faire d'ici
au 31 décembre 2005.
Les modalités de mise en place de
cette prime exceptionnelle sont identiques, que
l'entreprise dispose ou non déjà d'un accord
d'intéressement :
- Le
versement de cette prime doit être prévu par un accord
conclu, avant le 30 septembre 2005, selon les modalités
propres aux accords d'intéressement.
Cet accord
devra déterminer la masse de l'intéressement à
répartir, par référence aux performances ou
résultats de l'entreprise en 2004, les salariés
bénéficiaires conformément aux règles prévues à
l'article L. 444-4 du Code du travail et les critères
de répartition dans les conditions prévues par le 6°
alinéa de l'article L. 441-2 du même code.
Afin de
favoriser la négociation de tels accords dans les
entreprise dépourvues d'accord d'intéressement, la loi
prévoit, à titre exceptionnel, que les accords
d'intéressement conclus dans ces conditions jusqu'au 30
septembre 2005 pourront prendre effet à compter du 1er
janvier 2005 et bénéficier des exonérations fiscales
et sociales spécifiques à ce régime, sous réserve
d'avoir été déposés dans les délais légaux.
- A défaut de
conclusion d'un tel accord avant le 30 septembre 2005,
la prime exceptionnelle pourra être accordée par
décision unilatérale de l'employeur dans les
mêmes conditions que celles que doit prévoir un accord
et énumérées ci-dessus.
Un plafond
individuel spécifique à cette prime est fixé qui
diffère selon que l'entreprise dispose ou non d'un
accord d'intéressement :
>> Dans
les entreprises dotées d'un accord d'intéressement, la
prime exceptionnelle ne doit pas dépasser la plus
favorable des deux limites suivantes : 15 % de la
prime versée pour l'exercice 2004 ou 200 € par
salarié.
>> Dans
les autres entreprises, elle est plafonnée à 200
€ par salarié.
Les sommes ainsi attribuées aux
salariés suivent, dans la limite du plafond individuel
spécifique, le régime social et fiscal de
l'intéressement. Elles sont exonérées de
cotisations sociales mais assujetties à la CSG et
à la CRDS. Elles pourront être exonérées d'impôt
sur le revenu en cas d'affectation sur un plan
d'épargne salariale.
Les entreprises peuvent déduire ces
primes exceptionnelles des bases retenues pour
l'assiette de l'impôt sur les sociétés et de l'impôt
sur le revenu.
2. Extension au chef d'entreprise et à son conjoint
Dans les entreprises employant
habituellement entre un et 100 salariés, les chefs
d'entreprise ainsi que leurs conjoints ayant le statut
de conjoint collaborateur ou conjoint associé, pourront
bénéficier des accords d'intéressement. Ces conjoints
pourront également participer aux plans d'épargne
salariale en application d'une disposition de la loi en
faveur des petites et moyennes entreprises.
Les chefs d'entreprise concernés sont
les chefs d'entreprises individuelles et dans les
personnes morales, les présidents, directeurs
généraux, gérants et membres du directoire.
Une telle disposition ne s'applique
pas de plein droit et doit être expressément
prévue dans l'accord d'intéressement ou dans un
avenant si l'entreprise dispose déjà d'un accord
d'intéressement.
Une disposition transitoire prévoit
qu'un intéressement au titre de l'année 2005 pourra
être versé dès lors qu'un accord prévoyant la
participation de ces personnes est conclu avant le
premier jour du dixième mois suivant sa date d'effet.
Ainsi, la date limite de conclusions des accords prenant
effet le 1er janvier 2005 est reportée au 30 septembre
2005.
Enfin s'agissant de la condition
d'effectif, la loi précise qu'un tel accord ne peut
être conclu dans une entreprise dont l'effectif est
limité à un salarié si celui-ci a également la
qualité de président, directeur général, gérant ou
membre du directoire.
II
- PARTICIPATION
Les salariés peuvent recevoir
directement les sommes qui leur sont attribuées en 2005
au titre de la participation aux résultats de
l'entreprise au titre du dernier exercice clos
(c'est-à-dire celui de 2004 pour les entreprises dont
l'exercice correspond à l'année civile), ou en
demander le déblocage anticipé sans attendre le terme
du délai d'indisponibilité.
Ces versements ou déblocages sont
autorisés à titre exceptionnel jusqu'au 31 décembre
2005.
Aucun plafond de versement ne
s'applique.
Par exception :
ce déblocage n'est pas possible si ces sommes
ont été affectées à un plan d'épargne pour la
retraite collectif (Perco).
Le déblocage des sommes investies dans
l'entreprise demeure soumis à la conclusion d'un accord
dans les conditions prévues par le Code du travail pour
la conclusion des accords de participation. Sont visés
les placements suivants : attribution d'actions de
l'entreprise, affectation des sommes à un fonds que
l'entreprise consacre à des investissements, ou à des
parts de fonds communs de placement d'entreprise
mentionnés à l'article L. 214-40 du Code monétaire et
financier.
Les sommes ainsi versées suivront le
régime social de la participation et seront
exonérées de cotisations sociales. Elles seront en
revanche assujetties à la CSG et à la CRDS et ne
bénéficieront pas de l'exonération d'impôt sur le
revenu prévu en faveur de la participation.
Les entreprises seront tenues
d'informer les salariés sur cette mesure dans les deux
mois de la promulgation de la loi soit avant le 28
septembre 2005.
Rennes, le 7 septembre 2005
Me
Catherine LEMOINE,
Avocat à la Cour
clemoine@altajuris.com.
SCP BOUESSEL DU BOURG-CRESSARD
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