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Le
" Contrat nouvelles embauches "
Dispositif incitatif pour les
entreprises d'au plus 20 salariés, son mode de rupture
est exorbitant du droit commun : Elle peut intervenir
sans justification d'un motif ni observance d'une
procédure de licenciement pendant les deux premières
années d'application. Au-delà, les règles de rupture
normales s'appliquent.
Les entreprises
concernées :
Quasiment toutes les entreprises du
secteur privé qui comportent au plus 20 salariés.
L'effectif est apprécié au seul niveau Entreprise à
l'exclusion du niveau Établissement, avec prise en
compte intégrale des CDI à temps plein et prorata
temporis dans l'effectif pour les temps partiels ; les
CDD et intermittents. Le recours au CNE n'est pas ouvert
pour les emplois saisonniers.
Sous quelle forme ?
Il s'agit d'un CDI (à temps plein ou
temps partiel) établi par écrit. L'engagement est
déclaré dans la D.U.E. qui a été modifiée pour
tenir compte de ce nouveau contrat.
Quid des modalités de
rupture ?
Pendant les deux premières années
d'application, la rupture n'a pas a être motivée, ni
faire l'objet d'un entretien préalable, en raison de
l'inapplication de la plupart des règles régissant le
licenciement. Le délai de prescription de la
contestation de la rupture est de 12 mois à compter de
l'envoi de la lettre de rupture, à condition qu'elle en
fasse mention. Les juridictions du travail, n'en doutons
pas, seront attentives aux abus de droit. Une certaine
vigilance est donc de bon aloi, sur les conditions
formelles de rupture.
La procédure spécifique de
licenciement des salariés dits " protégés "
est applicable. On notera que la Loi n'exclut pas
expressément les dispositions relatives au droit du
licenciement pour raison disciplinaire (article L.122-41
du Code du travail)…
Tout nouveau CNE ne peut être conclu
avec le même salarié avant l'expiration d'un délai de
trois mois.
Quelles sont les règles
régissant le préavis ? :
Dès lors que le salarié justifie
d'au moins un mois de présence dans l'entreprise, il
bénéficie d'un préavis (l'ancienneté s'apprécie à
la date de première présentation de la lettre de
rupture): Deux semaines pour une ancienneté comprise
entre un mois et six mois et un mois après six mois
d'ancienneté.
Indemnisation en cas de
rupture pendant la période de deux ans ?
Le salarié percevra les reliquats de
salaires, l'indemnité de congés payés ainsi qu'une
indemnité d'un montant de 8% du montant total de la
rémunération brute perçue depuis la conclusion du
contrat, indemnité qui sera réglée au plus tard à
l'expiration du préavis. En outre l'employeur devra
régler 2% du montant sus - indiqué aux Assedic pour le
financement des actions des services de l'emploi.
L'indemnité de 8% n'est pas due en cas de rupture pour
raison de faute grave.
Régime social et fiscal
des indemnités et de la contribution de 2% :
L'indemnité de 8% est exonérée de
contributions sociales (y compris CGS & CRDS) et
d'impôt sur le revenu. La contribution de 2% n'est pas
un élément de salaire.
Quel est le statut du
salarié en CNE ?
Il peut bénéficier du congé de
formation sous certaines conditions ; du Droit
Individuel à la Formation ; de la Convention de
Reclassement personnalisée (sous réserve de son
extension à ces catégories de salariés).
Le CNE et le chômage :
Il est un chômeur de droit commun
s'il remplit les conditions requises pour être
indemnisé ; à défaut, il bénéficie d'une allocation
forfaitaire pendant un mois, d'un montant (Décret du 2
août 2005) de 16.40 € par jour (non cumulable avec
l'A.S.S.) s'il justifie d'une embauche d'une durée d'au
moins quatre mois.
C'est incontestablement un contrat
promis à un certain avenir.
Me
Stéphane Frégard
Avocat au
Barreau de Rennes
Barthélémy
& Associés
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