|
Il
est tout naturel de se poser la question de savoir
combien peut coûter une procédure et en la matière l'Ordre
des Avocats a un devoir d’information et de
transparence :
Le
principe est que les honoraires des avocats sont libres
et fixés en accord avec le client.
Le
temps passé et le résultat obtenu sont
des critères facilement mesurables à
partir desquels des prévisions sont
possibles.
Le taux horaire peut varier selon
l'importance du cabinet, la notoriété
ou la spécialisation de l'avocat.
Le forfait peut être une autre
solution.
L'important est que les choses soient
claires dès le début.
Le client a le droit d'être exigeant et
l'avocat a le devoir de traiter la
question des honoraires avec la même
rigueur que les questions juridiques.
Honoraires,
frais, dépens... comment s'y retrouver ?
On appelle frais ou dépens
les frais du procès qui ne constituent pas la rémunération
des avocats. Ils sont en principe mis à la charge de la
partie perdante.
Exemple type : les frais d'huissier. Pour introduire un
procès, il faut le plus souvent faire délivrer à la
partie adverse par un Huissier de Justice une
assignation devant le Tribunal. Les frais de l'Huissier
de Justice constituent des dépens qui seront en
principe mis à la charge de la partie perdante.
Les honoraires de votre
Avocat constituent sa rémunération. Ils peuvent être
mis en tout ou partie à la charge de votre adversaire
par le Tribunal qui dispose en ce domaine d'un pouvoir
discrétionnaire (les textes applicables prévoient que
le Juge doit apprécier cette question "en équité"
ce qui revient à lui laisser carte blanche...).
Combien
cela va-t-il me coûter ?
Il est souvent bien
difficile de savoir au tout début d'une
affaire quel en sera le coût tout
simplement parce que beaucoup d'éléments
ne sont pas connus.
Il est néanmoins très important
d'aborder la question des honoraires dés
le premier rendez-vous avec l'Avocat et,
en pratique, abstraction faite du cas
particulier de l'Aide Juridictionnelle,
4 formules peuvent être envisagées :
A. L'Honoraire
"au temps passé".
L'Avocat et son client
se mettent dés le début de leur
relation d'accord sur une rémunération
horaire et les honoraires de l'avocat résulteront,
en fin de dossier, d'une simple
multiplication.
Il est possible de convenir que l'Avocat
adressera à son client une facture à
chaque fois que tel ou tel quota
d'heures sera atteint (par exemple,
toutes les 5 heures de travail) ce qui
permet un suivi précis de l'évolution
du coût du dossier.
B. L'Honoraire
"forfaitaire".
L'Avocat et son client
se mettent dés le début de leur
relation d'accord sur une rémunération
qui est globale et intangible.
En pratique, cette formule n'est guère
utilisée que pour les procédures
"simples" et soumises à peu
d'aléas (Par exemple un divorce par
consentement mutuel ou une constitution
de société).
C. L'Honoraire
"de résultat"
Contrairement à ce
qui pratique dans divers pays dont
notamment les États-Unis, le droit Français
interdit purement et simplement le
"pacte de quota litis" c'est
à dire la convention par laquelle un
Avocat et son Client conviendraient que
des honoraires ne seraient dûs qu'en
cas de gain du procès et en fonction du
résultat obtenu.
Il est par contre possible de convenir
que quelque soit le résultat obtenu
l'Avocat percevra un honoraire
"minimum" (qui est généralement
fixé de manière forfaitaire), mais que
s'il parvient à tel ou tel résultat il
percevra en outre un honoraire
"complémentaire" qui peut-être
soit forfaitaire soit fonction du résultat
obtenu.
Exemple :
L'Avocat chargé d'obtenir une
indemnisation au bénéfice de son
client peut convenir avec lui d'un
honoraire de 1000 Euros minimum outre
10% du montant de l'indemnisation
obtenue.
D.
L'Abonnement
Certaines prestations
juridiques présentent une périodicité
et une régularité qui permettent que
soit passé entre l'Avocat et son client
un véritable contrat d'abonnement qui
est le plus souvent annuel et permets au
Client de bénéficier, moyennant un
honoraire forfaitairement fixé en début
de période, des services de son conseil
pendant la durée convenue.
En pratique, cette formule est le plus
souvent utilisée en matière de Droit
des Sociétés et de Droit Fiscal.
Exemple :
L'Avocat fiscaliste d'une entreprise
peut convenir avec ladite entreprise
qu'il assurera moyennant tel ou tel
montant d'honoraire, la rédaction et le
dépôt de toutes les déclarations
fiscales de l'année.
Quelle que soit la
formule choisie, le Conseil de l'Ordre
encourage vivement la signature entre
l'Avocat et son Client d'une convention
d'honoraires qui est un véritable
contrat fixant par écrit et dés le début
de la relation la méthode qui sera
suivie pour la détermination de la rémunération
des prestations fournies.
N'hésitez donc pas à
demander à votre Avocat l'établissement
d'une telle convention.
Retour
haut de page
Combien
gagne mon Avocat ?
Si les honoraires de
votre Avocat vous paraissent élevés,
sachez toutefois que seule une petite
partie desdits honoraires lui revient
effectivement car les cabinets d'Avocats
ont à supporter de très lourdes
charges (URSSAF, Impôts, Taxes,
Cotisations diverses et variées
etc...)...
Très curieusement, le "pays des
droits de l'Homme" considère que
se défendre ou se faire conseiller est
un luxe en sorte que les honoraires
d'Avocat sont soumis à une TVA au taux
plein soit actuellement 19,6% !
Nos institutions et
syndicats professionnels tentent depuis
plusieurs années, mais malheureusement
sans succès jusqu'à présent,
d'obtenir du gouvernement une réduction
de ce taux à 5,5% (Taux de TVA
applicable aux produits de première nécessité
dont... les honoraires des avocats quand
leurs clients bénéficient de l'Aide
juridictionnelle !).
Retour
haut de page
Qui
peut trancher les désaccords en
matière d'Honoraires ?
Les désaccords
pouvant exister en matière de fixation
des honoraires d'Avocat font l'objet
d'une procédure particulière fixée
par le Décret du 27 novembre 1991
(Article 174 et suivants). Cette procédure
est gratuite et simple.
La réclamation doit être soumise au Bâtonnier
de l'Ordre auquel appartient l'Avocat
qui peut être saisi par une simple
lettre exposant le problème (Si
l'Avocat concerné se trouve être le Bâtonnier
de l'Ordre lui-même, la réclamation
doit être soumise à Monsieur le Président
du Tribunal de Grande Instance).
Le Bâtonnier de l'Ordre ou son délégué
dispose d'un délai de 3 mois pour
instruire contradictoirement cette réclamation
et va donc dans ce délai recueillir de
l'Avocat et de son Client tous éléments
utiles pour rendre une décision ou
parvenir à un accord.
Si aucun accord ne peut être trouvé
entre l'Avocat et son Client, Le Bâtonnier
de l'Ordre ou son délégué rend une décision
qui est notifiée à chacune des
parties.
Cette décision peut
être frappée d'Appel par l'Avocat ou
son Client dans le délai d'un mois à
compter de sa notification. La déclaration
d'Appel doit être faite par Lettre
Recommandée avec Accusé de Réception
adressée à la Cour d'Appel avec une
copie de la décision rendue par le Bâtonnier
de l'Ordre ou son délégué. Le dossier
sera alors transmis à Monsieur le
Premier Président de la Cour d'Appel
qui, après avoir reçu l'Avocat et son
Client en audience de Cabinet (C'est à
dire hors la présence du public),
rendra une décision qui soit confirmera
celle du Bâtonnier de l'Ordre ou son délégué,
soit s'y substituera.
L'Ordonnance rendue par Monsieur le
Premier Président de la Cour d'Appel
peut elle-même être frappée d'un
pourvoi en Cassation par l'Avocat ou son
Client ce qui est toutefois très rare
en pratique.
NB
: Ce texte est issu du site du Conseil
National des Barreaux.
Présentation
de la Profession - Actualité
- Liens -
Contact Services
aux particuliers -
Services
aux entreprises
Retour
haut de page
|